Et si on en parlait aussi…

Publié le par Politiquement Jeunes

 
Ce dernier Chiffon avant les élections doit être pour nous tous, l’occasion de faire un point sur ce début de campagne. De nombreux sujets sont abordés, de nombreuses polémiques évoquées, de nombreuses postures politiciennes adoptées… La France a besoin d’un projet clair, ambitieux et la France a aussi besoin d’être évoquée dans sa diversité, dans son unité, dans sa grandeur, dans son rayonnement. Il semble que des thèmes, des professions et même la politique extérieure soient laissés de côté pendant cette campagne. Bien sûr proposer des solutions pour résoudre les problèmes quotidiens des Français tels le pouvoir d’achat, le chômage, les retraites… est très important, mais je souhaiterais ici parler d’autres choses, parler de ce dont on parle très peu.
Tout d’abord le sujet européen qui est aujourd’hui très peu abordé. La France ne pourra véritablement s’exprimer qu’à travers cette Europe à laquelle il faut redonner les moyens d’agir à vingt-sept. Cela suppose un traité institutionnel clair, précis renforçant le caractère démocratique des institutions, c’est-à-dire donner plus de pouvoir au Parlement. Mais, c’est aussi donner un exécutif efficace. Autrement dit, il faut à la tête de l’UE un Président (élu au suffrage indirect pour deux ans et demi) incarnant cette Europe et le peuple européen. Il faut parler d’une seule voix au monde, avec un réel ministre des Affaires étrangères européens. Le gouvernement de l’UE sera la Commission, responsable devant le Parlement. L’Europe est désormais un des seuls moyens d’agir, de se défendre, de se « protéger » dans cette mondialisation où tout semble dumping social, dumping environnemental…
Ce sujet européen nous en appelle un autre : la politique extérieure au sens large, c’est-à-dire extracommunautaire. N’oublions pas que la politique extérieure est un domaine prédominent de l’action du Président de la République. Plusieurs dossiers seront sur son bureau le 17 mai : Proche-Orient avec le problème israélo-palestinien. Nous devons garantir la paix à Israël issu de la Shoah et un territoire au peuple palestinien; l’indépendance du Liban; le nucléaire iranien. Mais c’est aussi la crise au Soudan, où il va falloir admettre qu’il s’y passe certainement un génocide. La Chine va-t-elle s’entendre avec les occidentaux pour faire prévaloir les hommes, pour une fois, sur l’économie ? Quelles relations entretenir avec les pays émergents ? Quelles politiques dans les échanges internationaux ?
Il m’en vient alors de parler d’agriculture, sujet central dans les négociations à l’OMC, mais sujet au combien oublié durant cette campagne. L’agriculture française est, semble t-il, la meilleure du monde. Les agriculteurs ont fait des efforts importants pour prendre en compte l’environnement dans leurs pratiques. Quelle fut leur récompense ? Moins 30 % de revenu. Nous devons mettre fin à cette destruction de notre agriculture. Revaloriser l’agriculture ce n’est lui faire un salon tous les ans, ce n’est pas lui faire une publicité, ce n’est pas lui faire « une route des blés ». Mais c’est la rendre indépendante en procurant des prix rémunérateurs aux producteurs, c’est la respecter en respectant les normes environnementales dans les importations, c’est croire en elle en lui fournissant des perspectives claires, ambitieuses et réalistes. L’agriculture de demain c’est, outre nourrir les hommes, produire leurs énergies (biocarburants, biomasse…). Nous le pouvons si nous en avons la volonté parce que sinon nous serons dans la même situation qu’aujourd’hui, à savoir la main mise d’un groupe de personnes sur une arme économique, le pétrole. Ces industries disposeront des usines de biocarburants… Nous en importerons du Brésil…Cette agriculture a fait et fait vivre des millions de personnes, nourrit les hommes et peut-être permet la vie.
Enfin je termine par le sujet ultrasensible qu’est la vie. Cette campagne ne semble pas l’évoquer et pourtant cela nous concerne. Quelles conceptions de la vie pour nos candidats ? Leurs positions sur l’euthanasie, le droit à la vie, les droits de l’homme dans le monde et dans les échanges commerciaux ? Quel rôle de l’homme dans cette vie ? Quelle ambition pour la vie ? Nous devons faire de l’homme l’axe majeur de nos préoccupations. L’homme a fait ce que nous sommes mais il fera aussi ce que nous serons.
Alors nous y sommes dans cette campagne qui doit être une campagne d’idées, afin de permettre à la France de rester ce qu’elle n’a jamais cessé d’être, une grande puissance ouverte et ambitieuse.
 
Fulbert LEVEILLARD

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