De ce qu’est l’identité nationale

Publié le par Politiquement Jeunes

 
L’identité nationale n’est ni un gros mot, ni une insulte. Au contraire, en démocratie elle doit être un stimulant sujet de débat. Avant de caricaturer et de crier haro à ses mots à peine prononcés, il faut savoir écouter ses interlocuteurs et comprendre dans quels termes ils s’entendent. C’est avec des attitudes sectaires, préconçues sur la question, qu’on a laissé l’extrême droite reprendre à son compte des symboles fondamentaux de la nation, fondement de ce vouloir vivre ensemble, manifeste du plébiscite de tous les jours exprimé par Ernest Renan.
L’identité nationale de la France existe. C’est le fruit d’une histoire, l’enjeu permanent du présent et le projet ambitieux pour l’avenir. L’identité française, pas un étranger n’oserait l’ignorer. L’identité française, à aucun homme du monde on ne saurait l’occulter.
Pour définir l’identité nationale française, sans tomber dans les travers de la subjectivité, il convient de citer notre Constitution. Celle de 1958 reprend dans son préambule la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et le préambule de la constitution de 1946. Voilà des valeurs qui objectivement fondent l’adhésion à notre nation. Plus concrètement encore, il faut méditer l’article 1 et 2 de la Constitution de la Ve République :
- Article 1 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
- Article 2 : « La langue de la République est le français.
L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
L’hymne national est La Marseillaise.
La devise de la République est «Liberté, Égalité, Fraternité».
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
S’il est une identité nationale, la voilà réaffirmée. S’il est des valeurs françaises, ce sont celles de la République.
L’histoire de la France est faite de cet universalisme, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, du respect et de la tolérance envers autrui. C’est un message d’ouverture qu’il ne faut pas voir menacer, ni par un repli nationaliste, ni par un communautarisme totalitaire. Vivre en France c’est respecter ses lois, c’est adhérer à son système de valeurs. Y-a-t-il quelque chose de choquant à prévenir celui ou celle qui veut vivre en France de ce quorum de valeurs à respecter pour maintenir la cohésion nationale ? Et réciproquement, la France doit être en mesure d’assurer à tous ses habitants le respect et l’application de ses valeurs. Comment expliquer à un nouveau français qu’il doit respecter ses valeurs, si la République ne s’efforce pas de les mettre en œuvre ? Il faut que la France aime ses citoyens, pour que ces citoyens aient confiance en elle, et l’aiment à leur tour !
Puisqu’il faut y venir, répondons à la proposition de Nicolas Sarkozy sur un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Si vous le comprenez comme un repli identitaire, un renfermement nationaliste, c’est que vous êtes englués dans la pensée unique qui a abandonné ces mots à l’extrême droite xénophobe, et que très clairement, vous ne vous êtes pas interrogés sur la façon dont s’articule cette proposition dans l’architecture du programme du candidat. La France ne peut pas accueillir toute la pauvreté du monde et la parquée dans des ghettos amplificateurs de misères et déstabilisateurs pour la France. Il faut donner des règles claires et les appliquées : une immigration contrôlée mais un avenir assuré. L’immigration n’est pas un problème en soit, au contraire, mais sa dérive génère un cercle vicieux : ghettoïsation, appauvrissement, exclusion, communautarisme.  Affirmer l’identité française, c’est refuser ces dérives. La politique de discrimination positive vise à apporter tout de suite une solution concrète à l’exclusion et au problème des cités. Nicolas Sarkozy, au sang mêlé lui-même, a appris à connaître la France. On ne peut pas accuser Nicolas Sarkozy de xénophobie ou de repli nationaliste. Il est trop convaincu que notre avenir passe par l’Europe et que les réformes passent par l’inspiration de ce qui a réussi ailleurs, en Europe et dans le monde. Il sait trop l’importance du respect du pacte républicain, d’une France qui a confiance en elle, de la volonté d’une grande ambition commune pour ne pas dire la vérité : ces conditions ne sont pas réunies qu’aujourd’hui. Il faut les rétablir pour que, de nouveau, ensemble, tout devienne possible.
 

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